Samedi 11 février 2012
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10:04
"Standing on a beach with a gun in my hand, staring at the sea, staring at the sand..." Killing an Arab de Cure résonnait dans ma tête. Quelques strophes perdues
entre la froideur anglaise et la chaleur du Maroc. Tout autour la France exprimait ses contrastes, ses paradoxes : un peuple apparemment moderne et pourtant englué dans son passé, grandeur
révolue. L'hôtel était bondé, planté au beau milieu de la Palmeraie. Rien d'authentique mais le goût, quand même, de l'ailleurs. Ailleurs... C'était mon leitmotiv depuis plusieurs mois. Fuir une
réalité, un quotidien qui finissait pas oppresser, opprimer. Faute de solution immédiate - l'alcool et autres substances ne servaient finalement à rien... à part quelques plaisirs vains -, une
agence de voyage, deux potes, trois billets et, voilà !, j'étais parti chercher ailleurs le nécessaire bien-être. Assis au bord de la piscine, une musique d'ascenseur en boucle depuis le matin,
le temps passait. Prévisible. Nous étions en février : en France, les moqueurs avaient parié sur un 13°C. Ils n'avaient pas tort mais c'était toujours mieux que leur -9°C. En à peine moins de
trois heures, nous avions sauté d'un univers à un autre sans état d'âme. "Tout mieux que ça !", pensions-nous. La question était toujours la même : pourquoi partir ? Pourquoi partir pour revenir
? Et la réponse, elle, dépendait de ce que chacun avait besoin de trouver : repos, oubli, rencontre... La liste pouvait être interminable tant la nature humaine était complexe voire en
souffrance. Bref ! nous ne cherchions pas à savoir. Les problèmes étaient restés de l'autre côté de la douane : laissés là après un coup de tampon sur le passeport et le regard inquisiteur d'une
douanière peu commode. Sur cette terrasse, tous les accents s'entrechoquaient, tous les styles aussi, toutes les vies avec leurs succès et leurs échecs marqués au fer rouge sur les visages de nos
voisins. La femme larguée, en convalescence avec ses parents... impuissants devant sa détresse. L'animatrice russe en quête de sa vie, d'un "chez elle", d'une terre enfin. Le couple venu panser
ses plaies : dernière chance de sauver une histoire commune. Les jeunes mariés, regards brillants, avides l'un de l'autre... Pour combien de temps encore ? La mère et sa fille, heureuses de se
retrouver le temps d'une semaine. La femme seule, la tête dans son café, son livre, ses pensées... Abandonnée ? Venue ici pour qui, pour quoi ? Le mystère intriguait autant qu'elle était belle.
Brune et bronzée. Terriblement seule. Chacun était donc là, dans un décor parfait pour démarrer une sombre histoire d'espionnage... Non nous n'étions plus dans le Casablanca des années 1930.
Plutôt un roman d'amour ou un film catastrophe. Mais rien de tout ça n'était au programme : ils allaient tous passer une semaine ailleurs, se charger d'images, de souvenirs et repartir chez eux,
de nouveau prêts à affronter ce quotidien si décrié et étonnamment si grisant. J'étais comme eux, penché sur mes notes, me demandant pour qui, pour quoi. Le serveur passa, essuya la table,
embarqua ma tasse et balaya mes pensées.
Par Jérôme Alexandre
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Publié dans : En direct du Pollet
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Jeudi 8 décembre 2011
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17:38
Notre ami Bernard, patron de la mythique Boussole à Dieppe, vient de
s'éclipser. Il est parti rejoindre les maquettes qui hantaient so
n rade... 30 ans de vie nocturne qui disparaissent derrière un judas. Il n'y aura plus de "bonjour ma peti te chérie" ni "tu rentres à pieds j'espère"... Plus de Get 31-Vodka-Perrier. Plus de galets qui roulent sous les pieds après avoir confondu les quais et la plage. Plus de
retour chez moi, ma mère en colère me proposant un citron chaud pour dessaouler et moi, nu comme un ver, scrutant la mer tel un capitaine à la casquette trop lourde.
Bernard, pour ceux qui l'ont connu, c'était le passionné, l'amoureux, le bavard invétéré qui voyait son cœur gonfler aussi doucement que
sa fatigue... Je devais y fêter le 24 décembre, LA tradition à Dieppe, avec ma pote Béatrice. Et ben non ! Béatrice et moi, tout comme plein d'autres amis, resteront devant, un verre vide à la
main en nous rappelant que le temps passe trop vite et que les meilleurs... Oui les meilleurs nous quittent. "Aller !!! On y va les enfants !!!" Et bises à toi.
Par Jérôme Alexandre
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Jeudi 17 mars 2011
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18:29
Êtes-vous déjà tombés amoureux ? Avez-vous déjà ressenti ces pulsations incontrôlables qui défoncent le ventre, renversent le cœur et abattent les tempes ? Moi oui. A de nombreuses reprises. Non
pas que je sois un cœur d'artichaut - après réflexion, je me suis souvent trompé à ce sujet -, bien au contraire je suis plus que raisonnable, mais voilà j'aime vivre, ressentir, apprécier un
souffle nouveau se briser dans mon cou, j'aime entendre pour la première fois une voix et me dire qu'elle pourrait m'accompagner jusqu'à la fin... J'aime croiser un regard et me décider à m'y
accrocher en guise de filtre... J'aime caresser une peau sans grain, aux reflets de fleurs... J'aime tout ça. Et bien plus encore. On croit parfois aimer, se dire que c'est elle ou lui, mais
finalement on se perd, sciemment, pour espérer, croire en l'avenir. A tort. Ce que l'on pense "amour" n'est que "peur du vide". Je le sais aujourd'hui. Alors je peux compter sur les quatre doigts
d'une seule main le nombre de fois où mon cœur a joué les guignolos. Réellement, sincèrement. Lorsque ce jour revient, se crée un trouble si doux et si cruel à la fois, un besoin permanent de
l'autre et la nécessité de garder ses distances, l'envie de toucher ses lèvres tout en protégeant ses papilles, il n'y a pas à tergiverser : la vie reprend enfin le contrôle de tout. Et on se
rend compte rapidement à quel point tout est écrit. Tout est urgent.
Par Jérôme Alexandre
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Publié dans : Les chroniques martiennes
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Vendredi 3 septembre 2010
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15:30
Je voudrais avoir cette force de me relever, d'écouter de la musique et d'en prendre l'énergie pour affronter le reste de ma vie sans sourciller, sans broncher... Mais non ce n'est pas possible.
Je ne m'habitue pas aux choses qui finissent mal. Ou qui finissent tout simplement. L'amour, il faut y croire, c'est ce qu'il y a de plus beau, de plus dur aussi... Mais surtout de plus beau. Et
pourtant, il est si difficile de le saisir au vol, de l'accepter, de le maîtriser et de le protéger. Je n'ai pas su. Suis-je coupable ? Sans aucun doute. Dois-je en payer le prix ? Non...
Personne ne devrait souffrir des choses qui se terminent. Elles ont existé, quelle chance ! Elles ont donné un temps un sens à la vie. Elles ont soulevé le cœur, lui ont inspiré un souffle
nouveau et c'est la plus belle aventure qui puisse exister : deux personnes qui se découvrent, s'aiment, apprennent l'une de l'autre et se... déchirent. Le schéma est classique, entendu dès le
début comme une possibilité. Et malgré tout, nous vivons des mois, des années en l'occultant, comme si tout cela était impossible tant les sentiments sont là, accrochés à la peau, dans les yeux,
comme les ancres d'un navire arrivé à bon port. Il n'en demeure pas moins qu'un jour, tout explose d'une manière brutale, jamais comprise, jamais digérée... Devons-nous tout détruire, y compris
ce qui était bien ? Je ne le crois pas. Il y a un minimum que nous devons conserver, apprivoiser parce que cela fait ce que nous sommes. Cela construit. 'J'ai appris de toi et j'ai grandi aussi",
lui dis-je.
Par Jérôme Alexandre
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Mercredi 1 septembre 2010
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09:51
Le deuil, il le savait, se ferait avec le temps. Les semaines passaient et peu à peu les souvenirs de cet amour perdu s'effaçaient. Seuls restaient les stigmates, les douleurs, la sensation
vertigineuse d'un énorme gâchis. Son visage s'était dissipé depuis bien longtemps, son sourire, son regard, sa voix aussi, tout n'était plus qu'un maelström incertain, à part dans les rêves qui
peuplaient désormais ses nuits. La femme qu'il avait aimée n'existait plus. Il l'aimait sans doute encore mais elle n'était plus. Sacrifiée sur l'obligatoire autel de l'oubli. Un souvenir, une
ombre... Une simple ombre. La souffrance avait tout sali. Chacun s'était renvoyé la balle des responsabilités, l'un en parlant, l'autre en se murant dans le silence. Chacun son attitude, chacun
sa méthode, chacun ses erreurs. Au final, ils n'existaient plus l'un pour l'autre. Tout ça après des mois d'une passion si intense... C'était à n'y rien comprendre. Comment deux êtres pouvaient
du jour au lendemain se détester ou s'ignorer à ce point ? Pourquoi ne pouvions-nous pas vivre avec le bon souvenir de l'autre ? Les pires idées lui étaient passées dans la tête : disparaître,
s'enfuir loin, pour toujours, changer d'univers, changer de vie, abandonner la(les) partie(s), s'abattre. Il avait tenu, d'une corde, décroché une fois, retenu une autre, saoulé une dernière
fois. Elle, du haut d'une fierté, désastreuse plus pour elle que pour lui, tentait de donner le change, jouant les "heureuses", les "intouchables", les "fortes"... Pour mieux s'écrouler une
prochaine fois. Sachant qu'elle le blessait ainsi. Histoire de venger des mots trop durs. Car trop vrais. Elle avait joué la carte du mensonge depuis le début, lui celle de la retenue. Deux
cartes opposées, deux cartes inacceptables lorsque l'on dit s'aimer. Chacun était reparti. Perdant au passage toute illusion, tout espoir... Tant ils avaient mis dans la corbeille de ce mariage
improbable. Elle était lui, il était elle. Si proches et si contraires à la fois. Chacun représentant l'extrême de l'autre. Alors pourquoi ? Pour rien. Pour vivre quelques mois intensément. Et
finalement attendre qu'une autre histoire pointe son nez. C'était la tristesse de la vie, des éternels recommencements, surtout si aucun d'eux ne tirait des leçons de cet échec.
Par Jérôme Alexandre
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Lundi 15 février 2010
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20:30
Quitte à comparer sa vie à celle d'un autre, Arnaud n'aurait pas hésité longtemps. Misant tout sur celle de ce compositeur génial, auteur de la chanson du siècle : un opus de 2'30 tombé dans
l'oubli aussi vite qu'il avait atteint le sommet des ventes. Vous savez ce genre de type qui, après avoir brillé le temps d'un été, surfe depuis entre décroissance, antidépresseurs, droits
d'auteur et implants capillaires. Arnaud, lui, conserve encore un minimum de fierté. Pas question de tomber dans le piège des roues de secours : les addictions en tous genres. Elevé dans le culte
de la droiture, il sait dissimuler la pire des décadences et réussit même à conserver une prestance et un appoint que bien des snobs peuvent lui envier. Snob, le mot est lâché. Comme la star
déchue, lui aussi est tombé dans les limbes, remplacé par l'acronyme très vingt-et-unième « bobo ». Bref ! Arnaud est la victime permanente des coups du sort. Les bons comme les moins
bons. Au fil des années, il s'est habitué à ces hauts et ces bas, parvenant même à anticiper les changements de cap. Mais de là à les éviter ou à les contrecarrer, il ne faut pas rêver... Les
rails du destin sont tels que nous les imaginons : indéformables ! Au mieux, réussit-il désormais à courber l'échine avant l'impact et à relever la tête peu avant l'embellie. Rien de plus.
Par Jérôme Alexandre
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Dimanche 29 juin 2008
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09:25
Nous nous étonnons d'être là, debout sous l'averse, le parapluie de nos émotions en main. Gris et figés. Nous demeurons en embuscade, à l'affût d'un "on-ne-sait-quoi" qui nous file toujours entre
les pattes. Le temps passe, nous regardons les autres se détourner, nous les perdons, n'apercevons plus les sourires, juste leurs ombres. Les gestes du quotidien se raidissent, l'habitude l'emporte
sur l'exceptionnel... Et dans nos costumes humides, le regard las, nous abandonnons la partie. Gris et figés. Sans avoir jamais combattu.
Par Jérôme Alexandre
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Samedi 24 mai 2008
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/2008
17:50
Ce matin, Laure, je n'avais pas vraiment le temps de discuter. Non pas que tes propos m'ennuient ou que tes amis me mettent mal à l'aise... Non vois-tu, dans mon petit sac, j'avais enfin déniché
Control, le
film d'Anton Corbijn consacré à Ian Curtis... Tu sais, Ian, le chanteur de Joy Division. Depuis le temps que j'en
parlais, que je reculais le moment, ce matin je n'ai pas pu résister : le DVD me tendait les bras et l'envie de me taper 1h30 de
She's lost control, de
Transmission en noir et
blanc, a été la plus forte. Alors devant la boucherie, peu intéressé par les tracts, trépignant d'impatience, je ne me suis pas éternisé. Tout ça ne remet nullement en cause notre déjeuner... Même
si tu as opté pour un dîner avec Ed.Me. Non non je t'assure ! Donc là, je l'ai matée, la vie de ce type mort à 23 ans. De ce mec qui a refusé de vieillir, de devenir un salaud. Comme quoi, on en
revient toujours à la même question, à ce même besoin d'utopie. A bientôt Laure.
Par Jérôme Alexandre
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Jeudi 8 mai 2008
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/2008
11:36
Il y a des jours où les tagada des Last Shadow Puppets permettent d'oublier les dialogues teintés de testostérone du Neuvième Escadron. Neuvième quoi ? "Escadron" Popeye ! Un blockbuster moscovite,
sorte de Platoon raté sur la guerre en Afghanistan : pas celle-là, l'autre ! Entre la solitude du gilet par balle et la pertinence de l'alcoolisme viril, les deux bonhommes stylés d'Arctic Monkeys
et des Rascals, limite sortis d'Amicalement Vôtre avec cols roulés, slims et franges, ont quelque chose de touchant : ils mériteraient d'être couchés sur pellicule (le numérique, c'est pour les
branques !!!). Rien à voir avec la sueur, la suie et les regards vides de Sacha, Ivan et Iouri.
Par Jérôme Alexandre
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Publié dans : En direct du Pollet
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Dimanche 4 mai 2008
7
04
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/Mai
/2008
21:28
Petite note de service en provenance de Céline :
Pour l'organisation de sa première "Marque de Fabrique", l'association rouennaise Fabrique émoi est à la recherche de
créateurs ou artisans venant de tous les univers pour un marché de créateurs qui se déroulera les 20 et 21 juin prochains dans les locaux de l'association (rue d'Ernemont... tout à côté de chez
moi). Pour plus d'infos, cliquez ici.
Par Jérôme Alexandre
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