Jeudi 24 janvier 2008
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Le gazon, un sacerdoce. Depuis cinquante ans, il raccommodait, arrosait, taillait, plantait, protégeait des mauvaises herbes toutes les pelouses du quartier. Uniquement pour rendre service : «
L’argent n’avait rien à voir là-dedans ! » Autant dire qu’à force de volonté et de passion, il connaissait le moindre centimètre carré de verdure entre les rues B, J, O et H… Quadrilatère
parfait de sa maîtrise. Fin d’été oblige, il avait abandonné sa tenue de ratier pour endosser celle de maraîcher : « Le potager de m’dame V ne pouvait attendre... » Un extra que lui
pardonnerait de toute façon « l’bon Dieu ». Sur place, la tâche s’était avérée plus éprouvante que prévu. Le ras-le-bol peut-être. La tête lui tournait, se baisser était devenu douloureux,
se relever encore plus... Pourtant, il fallait bêcher, couper, regarnir, nettoyer, protéger des mois à venir. Il leva la tête, regarda le ciel : rien, pas un nuage, pas un oiseau… Juste du bleu
dans une vue rougie par l’effort. Une crampe dans le bras, une pointe dans le cœur, le corps tomba, la tête accompagna sa bêche, puis plus rien. Juste l’envie de sentir pour toujours l’herbe
coupée.
Par Jérôme Alexandre
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Publié dans : Les chroniques martiennes
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Que d'interrogations autour de ce livre ! Muriel Barbery,
l'auteur, m'a emmené aux quatre coins de moi-même. Entre l'envie de claquer le bouquin au pied du padoc et celle d'embrasser ses personnages de papier. La chronologie n'est pas mon fort, tout comme
les critiques littéraires, pourtant ici, rien ne vaut un petit effort, rien ne vaut un petit rappel temporaire de mes émotions. Successives et excessives. Dépendantes des atermoiements des deux
"héroïnes".
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