Lundi 12 septembre 2005 1 12 /09 /Sep /2005 00:00
Je l'ai eu. Enfin je crois. Nous nous sommes retrouvés hier soir. Un rendez-vous de film noir, le long des quais. Au pied d'une vieille grue "Picasso", sortant d'une brume à couper au couteau, Hector Dou s'est dirigé vers moi. Je lui avais dit au téléphone que je n'en pouvais plus, qu'il foutait mon blog, et donc ma vie, en l'air. "On se voit et on règle ça à la polletaise", m'avait-il répondu sèchement. À la polletaise ? "Oui un rendez-vous à la Simenon, toi et moi, la brume et le port..." Et mon opinel, un authentique couteau de l'armée française retrouvé dans les affaires de mon défunt grand-père. Rouillé certes mais encore capable de saigner l'gros con d'Hector Dou. La main dans la poche, nerveusement enroulé autour de la lame, je me suis approché de lui... Je suis sûr qu'il souriait, grand bénet qu'il était. Et il souriait, les dents éclatantes telles des phares d'Alfa Roméo. Purée, il a beau flirter aujourd'hui avec les anguilles du bassin Saint-Gervais, il me dégoûte encore. Il a voulu me serrer la main, genre "aller sans rancune"... Mais non, pas question. Ce mec avait transformé mon blog en désert littéraire, mes poussées révolutionnaires en sébum religieux. Je le hais. Mes bras l'ont repoussé, il a ri. Ses cheveux tout fins collaient sur son front poisseux. Il tenait quelques feuilles, des copies de mon blog. Je l'ai repoussé une nouvelle fois et, mon opinel en avant, je l'ai percé. À l'estomac. Il a émis un bruit, un bruit de porc : un couinement. Oui ! C'est ça un couinement. Et s'est affalé contre une bite... Je ne voulais pas en rester là : je l'ai de nouveau percé, à la panse cette fois, puis à la gorge. Fini le couinement, c'était devenu un gargouillis abjecte. Du pied, je l'ai rejeté vers le bord du quai. Son bras pendait dans le vide, ses yeux glauques me regardaient. J'ai repensé à tout le mal qu'il m'avait fait... Et hop ! je l'ai fait choir dans la Seine. Comme un vieux paquet de linges sales. Je suis libéré, je le sens au fond de moi. Je respire.
Par J. A. - Publié dans : En direct du Pollet
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Dimanche 11 septembre 2005 7 11 /09 /Sep /2005 00:00
C'est de ma retraite dominicale que je viens à vous. Perturbé. N'ayant pu me lever ce matin, un trop plein d'eau bénite sans doute, j'ai regardé la messe sur France 2. Quelle belle invention que cette télévision ! Entre la Star'Ac vendredi soir, le Top 50 du rire samedi soir et les émissions religieuses du dimanche matin, la joie entre partout. Dans nos salons, nos maisons, nos coeurs... Et n'est-ce pas là l'essentiel, aimait à me rappeler l'abbé Michel le soir avant de quitter la salle de catéchisme, sa soutane toujours pleine de surprise... Enfin ce sont de vieux souvenirs. Lui est décédé récemment : une vilaine maladie contractée dans un bordel de Manille. Il avait changé. Chauve, la boucle d'oreille affichée, il se voulait plus libre. De quoi vexer son assistant, le père Depaire : un unibouliste proche de la fraternité saint-pie X qui croyait à l'ascèse et à la rédemption. C'est donc avec foi que j'ai commencé cette belle journée avant, l'abus d'eau bénite s'apaisant, de me rendre au marché. Quelle foire à tout mes amis ! Toutes ces couleurs, tous ces produits réunis pour satisfaire nos estomacs et alléger nos portefeuilles, preuve que le seigneur nous entoure et nous aime... Même à Badgag, quand il n'y a pas de tirs de roquettes de vilains enturbannés, les marchés sont riches. Preuve, encore une fois, que le seigneur aime vraiment tout le monde. Si si mes amis, Dieu est là... Mais ce midi, j'ai croisé JA, cet ignoble voisin qui pense... Ô sainte Mère, je n'ose le dire... Qui conspue Dieu et les siens. Dans l'escalier, à la vue de ma jolie croix de baptème, il m'a crié des ignominies. Que Dieu est un retraité à la barbe non pas blanche mais grise. Un retraité qui joue en bourse, qui déteste ses voisins, qui gueule après eux s'ils font trop de bruit passé 20h30... Bref que Dieu est un vieux con comme tonton Charles. Dites moi qu'c'est pas vrai ! Dites moi que c'est pas le genre de type à aller à la fête de l'Huma pour jeter des oeufs à la face de tous.
Par Hector Dou - Publié dans : Avec Hector, on vit tout Dou
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Dimanche 11 septembre 2005 7 11 /09 /Sep /2005 00:00
Un con ! Je n'ai pas peur de le dire. Comment ai-je pu ouvrir les colonnes de cet estimable blog à ce triste sire ? Un mec à la croix gravée sur le front dont la vie se résume à une bible et 3.678 livres consacrés au Pollet. Putain ! C'est mon voisin mais c'est pas une raison pour qu'il me pourrisse la vie et celle des autres par ricochet. Non, c'est décidé : demain je me débarasse d'Hector Dou. Comment faire ? Je suis prêt à tout.
Par J. A. - Publié dans : En direct du Pollet
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Jeudi 8 septembre 2005 4 08 /09 /Sep /2005 00:00

Nous entrons enfin dans le vif du sujet : le Pollet. Pour ceux qui depuis quelques jours, s'interrogent sur ce quartier de Dieppe, se demandant s'il s'agit d'une nouvelle île des gauchers, je réponds : il n'en est rien ! Le Pollet existe, en voici la preuve : le pont tournant. Parce qu'il faut savoir que Dieppe, c'est aussi deux ponts : celui qui lève et celui qui tourne. Si le premier ressemble à un berceau renversé, limite stalinien, le second est signé Eiffel. Et ouais... Ça assure ! Pour aller de Dieppe au Pollet, il faut traverser ces deux passerelles. En gros, rejoindre ce quartier de pêcheurs, c'est un peu comme partir à l'aventure, s'enfoncer une centaine d'années en arrière. Revenir au temps des pêches aux gros, sur les bancs de Terre-Neuve. J'imagine que les Fécampois vont hurler aux loups ! Mais non, le Pollet, c'est LA pêche. Cette manière de vivre sa ville, de rentrer chez soi en mobylette, de viser les passants au gros sel, de se murger à chaque retour de mer... De déclarer sa flamme à tous ses potes. Le Pollet, c'est les Gobes (nous reviendrons une prochaine fois sur ce sujet), le PCF, la Mélie, le "Mieux ici qu'en face"... Bref, c'est... enfin... Y a pas de mot pour dire ce que c'est.

 
Par Hector Dou - Publié dans : Avec Hector, on vit tout Dou
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Jeudi 8 septembre 2005 4 08 /09 /Sep /2005 00:00
À la demande générale, je change mon fusil d'épaule. Fini Dieppe. Fini le Pollet. À bas les marsouins et autres prédateurs des nuits dieppoises. Ce soir annonce une nouvelle ère : la blog-réalité. Enfin je dis ça tout de suite et demain je dirai autre chose. En gros, c'est histoire d'écrire des lignes et des lignes pour un blog de merde où personne n'ose laisser un putain de commentaire. Parce que des visiteurs j'en ai. Mais des commentateurs, depuis Jean-Michel et Thierry, j'en ai vu des mieux. Pourtant ça y va : "ben non je sais pas quoi dire... " Mieux : "ouais mais j'aime pas Dieppe"... Putain bordel, vous voulez tout de même pas que je raconte à tout le monde si j'ai des hémoroïdes, si j'ai du diabète... Vous ne voulez tout de même pas que je commence mes phrases par "I have a dream" ou que je me la joue Jim Morrison, genre "nouveau poète"... ben non, j'ai pas envie de ça. S'il faut balancer, je vais balancer. Et pourquoi pas distribuer les bons et les mauvais points de la journée. Les bons à Supergrass pour son dernier album "Road to Rouen", au Général Vlassov toujours inconnu du grand public... Les mauvais à Bush, sombre crétin texan, et... On verra demain pour la suite. Deuxième question : qu'est-ce qu'un T-34 ? Trouvez le général et vous aurez la réponse. Sur ce... à plus.
Par J. A. - Publié dans : En direct du Pollet
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Mercredi 7 septembre 2005 3 07 /09 /Sep /2005 00:00
C'est à chaque fois le même scénario. Une espèce d'arc en ciel qui apparaît comme ça. Sans grier gare. Pas un truc qui s'efface en se frottant les yeux : genre tableau magique. Non non. C'est plutôt un petit courant électrique coloré qui frétille, qui avance tout doucement d'un bout à l'autre de la vision. Seul hic, ce n'est pas un jeu. C'est tout simplement le début d'une migraine : une migraine avec aura pas une vulgaire migraine... Une migraine avec aura, ça fait plus mystique, plus élitiste, plus petit bourgeois mais je m'en fouts parce que ça fait mal. Quand l'électricité a fini de jouer au yo-yo avec mes yeux, le mal s'installe. Une douleur puissance 10. En gros, on a l'impression que le crane se déforme, qu'il est prêt à imploser... Et pas question de croire aux remèdes miracle. Cynergène caféine, Diergo spray... tous ces mots savants censés soulager ne servent à rien. Je crois plutôt que tout repose sur le calme. Pas d'angoisse quand le spectre lumineux apparaît, pas de réaction alambiquée du style "Putain, ça recommence ! Fais chier bordel, je vais rater le premier épisode de Desperade Housewives....". Non il faut rester solidement assis sur son cul, prêt à respirer tout doucement, le verre d'Eferalgan en train de pétiller... Avec un peu de chance, ça passe plus facilement. Comme la dernière fois qu'on a accepté de finir son plat de tripes à la mode de Caen. Ce soir, ça a commencé à 20h45. Même pas eu le temps de regarder la météo. Il est 21h30, la crise est là. Autant vous dire qu'écrire n'est pas évident, mais ça soulage. Ça fait presque du bien. Bon je vous laisse... j'ai les tempes qui veulent déménager.
 
Par J. A. - Publié dans : En direct du Pollet
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Mercredi 7 septembre 2005 3 07 /09 /Sep /2005 00:00
Mon bureau est malade. Les yeux encore gonflés de mes rêves, j'ai découvert ce matin un bureau tchernobylien : feuilles éparpillées, carnets ouverts, stylos déssechés, dossiers en retard, rendez-vous perdus... En somme le bordel à l'état pur. En général, je profite d'un départ en vacances ou d'une démission pour tout remettre à neuf. Histoire de laisser en mon absence une trace honnête et "clean" du travailleur que je suis. Mais là, c'est le bordel. Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé... C'est comme à Dieppe... Enfin si vous connaissez Dieppe... On ne peut pas toujours réussir l'alchimie des éléments et des habitants. L'église Saint-Jacques a beau être magnifique, les mouettes rieuses donner du rythme au quotidien et les pigeons... jouer les figurants, les trois réunis débouchent sur un amas de merde - guano en technicien - posé, là, sur le parvis de l'édifice religieux. Un amas particulièrement puant. À 32 ans, on s'en fout... Mais à 15, quand on n'a qu'un seul endroit en réserve pour se réchauffer l'hiver - la paie des adolescents en 1988 n'était pas énorme -, l'église reste l'unique havre de paix du samedi comme du mercredi après-midi. Après avoir traversé la Grande Rue une bonne dizaine de fois, avoir bu deux cafés - le premier aux Trib', le second au Cambridge -, et qu'il faut se coltiner la petite copine du moment jusqu'à 18h30, on n'a pas le choix : welcome to the Saint-James Church. Mon truc, c'était de m'allonger dans l'une des travées, pile poil sur la grille d'arrivée d'air chaud... Pas évident à expliquer au curé surtout quand on était deux vautrés sur le sol religieux... à se... Je m'égare ! Tout ça pour tout dire qu'à 15 comme à 32 ans, j'étais bordélique. Bon il va vraiment falloir que je range mon bureau.
Par J. A. - Publié dans : En direct du Pollet
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Mardi 6 septembre 2005 2 06 /09 /Sep /2005 00:00
Par Hector Dou - Publié dans : Avec Hector, on vit tout Dou
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Mardi 6 septembre 2005 2 06 /09 /Sep /2005 00:00
À vrai dire je ne sais pas trop pourquoi je suis ici. La seule chose dont je suis certain, c'est qu'il faut absolument vanter les mérites du Pollet. Nichées dans le port de Dieppe, ces petites ruelles, comme l'annoncent les agences immobilières, constituent "un quartier très pittoresque". Un petit coin de paradis pour les pêcheurs, les amateurs de fruits de mer, d'odeurs alléchantes... enfin je ne suis pas là pour jouer les guides touristiques à deux balles. Parce qu'En direct du Pollet, c'est surtout un média de désinformation, de ragots... Un véritable carré de liberté où chacun peut dénoncer ses petites misères. De la collègue acariâtre au voisin vicieux. De la nymphette qui vous tourne la tête au matador qui ondule des PEC' dans les douches. Bref ! En direct du Pollet, c'est un peu tout et n'importe quoi... Où les règles restent sommaires. Voire plus que sommaires. Mais c'est aussi un endroit de culture, d'approfondissement de soi. Alors entre deux perles, vaniteuses ou suintantes, vous pourrez découvrir le Pollet à travers ses photos, ses histoires... Et Dieppe bien entendu, merveilleuse cité balnéaire, capitale du cerf-volant, ville d'eau, aux héros multiples : de Jehan Ango à... Le deuxième, on l'a oublié. À bientôt...
Par J. A. - Publié dans : En direct du Pollet
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