Lundi 11 décembre 2006
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S'il devait y avoir un chemin de randonnée à Rouen, il porterait le numéro 69. Un GR 69 particulièrement licencieux... Enfin c'est ce qu'affirme le
"pionnier de l'érotisme urbain", Patrice Quéréel, acoquiné du photographe Serge Périchon. Pour Noël, histoire d'accrocher les boules au sapin, tous deux signent "Rouen érotique", 190 pages, 69 détails classés X qui n'ont rien d'un annuaire des lieux de rencontre ni des sex-shop rouennais. A travers cette
"chasse aux monuments érotiques", les deux compères nous entraînent à la découverte du
phallus impudicus du Palais de justice, de la
Maison des Vertus rue du Ruissel... Pourquoi ce billet ? Juste pour soutenir le petit commerce !!!
Par Jérôme
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Dimanche 10 décembre 2006
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Le 11 septembre 1973, Augusto Pinochet renversait Salvador Allende - pourtant son "ami" - et mettait en place l'une des plus sinistres dictatures de ces trente dernières années. Plus de 2.000 disparitions, 130.000 personnes emprisonnées,des dizaines de milliers torturées, les escadrons de la mort... Pinochet n'a jamais lésiné sur les moyens pour étouffer les rêves de liberté nées au Chili après l'élection d'Allende en 1970. Celui qui osait invoquer à ses "juges" le droit "d'effacer et de tout recommencer" à zéro, est décédé ce dimanche à Santiago. Il était temps.
Par Jérôme Alexandre
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Dimanche 26 novembre 2006
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Dix mois et toutes ses dents. Je crois que je n'ai jamais autant marché en forêt que ces derniers jours. La faute à qui ? La faute à ce bullmastiff de 32 kilos prénommé Syrah, comme le cépage qui, du Côte-Rôtie au Châteauneuf-du-Pape, fait de si bons vins le long du Rhône. 100% remuant. 100% étonnant.
100% attachant. 600 grammes de croquettes par jour. Epuisant !!!
Par Jérôme
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Mercredi 22 novembre 2006
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"Ah les affres de l'amour. L'homme a pour principal défaut de rester un enfant toute sa vie. Au moindre coup de foudre, au moindre coup de vent, il prend le large. Et toutes ses promesses, avec. Mais tu sais, la princesse au bois dormant n'est pas évidente à trouver non plus. Elle nous parle de liberté, de passion, de vie sans contrainte, de quotidien sans effort et au final, le soufflet des premiers mois retombé, l'ordre des choses reprend sa place. Un ordre qui convient toujours mais qui ne rend pas plus beau le reste. En fait, je crois que nous, les hommes, passons notre temps à rêver notre vie, à l'espérer plus belle qu'elle ne l'est, à vouloir toujours plus (sans pour autant se fatiguer) ; et vous, les femmes, vous êtes accrochées à la réalité. Vous trouvez dans la banalité du quotidien les attitudes, les moments qui vous rendent heureuses. C'est une chance ! A croire que l'homme est un perpétuel insatisfait et la femme, une adepte de la médecine douce. Peut-être un jour arriverons-nous à nous comprendre ?" Paul hésita et cliqua sur "Envoyer". Depuis que son île était devenue un chantier digne du sixième pont, il s'était enfermé, vivant de boîtes de conserve, par et pour sa connexion Internet. Alors il écrivait. Pas un roman, mais des mails. A tout le monde. A ses amis, à ceux qui finalement ne le connaissaient pas. A ceux à côté de qui il vivait sans s'en rendre compte. A lui-même aussi. Comme ce mail bizarrement.
Par Jérôme
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Vendredi 17 novembre 2006
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Nous nous étions rencontrés comme ça. Par inadvertance. Une salle de conférence débordante de matière grise. Moi, assis et contraint à l'inaction, la tête penchée au-dessus d'un Libé usagé. Elle, debout contre un mur, le regard clair perdu dans des dizaines de visages anonymes. Que pouvait-elle bien faire là ? Un mouton, libre et vagabond, dans un troupeau d'hydrocéphales cravatés. Téméraire de la dernière heure, j'avais attendu la dégustation d'une bouteille - artisanale - et le premier pas d'un voisin - courageux - pour la faire sourire. Et discuter. Discuter sans s'arrêter... Au risque, comme souvent, de fatiguer l'interlocutrice. Piégé, c'est elle qui avait pris le dessus, racontant sa vie. Une vie de gendarmes et de voleurs, une vie extraordinaire. Suffisamment pour me faire trembler devant un premier baiser... raté ! Jacques Brel chantait "Les Flamandes" et moi "Mathilde". "Mon coeur, mon coeur ne t'emballe pas." Huit ans après, un week-end plus tard, elle reste debout contre ce mur. Le regard clair, perdu dans les fibres optiques de mails ininterrompus. Rares mais toujours précieux. Ni amour ni regret, juste une présence, un fil rouge qui vous rappelle d'où l'on vient, où l'on va... Avec cette même question, comme le susurrait Aznavour, "qui ?".
Par Jérôme
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Mercredi 15 novembre 2006
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Alors qu'il attaquait la trentième page d'un roman qu'il savait d'ores et déjà inachevé, Paul avait été dérangé. Dérangé, le mot était faible. Un képi, deux képis, quelques cravates, une pelleteuse s'étaient présentés devant sa propriété. "Louée depuis peu", avait-il soufflé, histoire d'éviter tout malentendu inutile. Un papier à en-tête, l'autorisation sans doute de saccager sa tranquillité, et l'escouade avait pris possession de son antre. Lui, assis, regardait par la fenêtre ce bordel légalisé. Car pour creuser, ils creusaient... Partout ! Tapage diurne, vandalisme... Dans ses rêves, les actes d'accusation pleuvaient au même rythme que les coups de crocs métalliques. Sauf qu'il s'agissait d'un homicide, un crime odieux qui ne ressemblait en rien aux blagues d'adolescents attardés. Paul finit par s'approcher du groupe. Au milieu, un homme attendait, le regard perdu dans des souvenirs sanglants. Il le connaissait : son portrait avait arrosé tous les médias de France et d'Europe. Un serial killer tout ce qu'il y a de plus présentable, un mec comme les autres. Hector D.
Par Jérôme
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Lundi 6 novembre 2006
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C'est une question de pas à franchir. La première ligne est toujours la plus difficile à écrire. Non pas que l'inspiration manque... Au contraire même, les idées fourmillent, ne s'arrêtent pas de voltiger, d'attiser l'envie de coucher des histoires, d'accoucher d'un chef d'oeuvre. Reste que l'on imagine à chaque éclair de génie le roman écrit, imprimé, relié, distribué et acheté... Le bandeau du Goncourt barrant la couverture, tout en faisant fi du temps à y consacrer. Mais le problème est ailleurs, au fond de soi, dans un endroit reculé et capricieux : la confiance. Comment peut-on écrire, se confier à un lecteur, sans tomber dans le cliché, le ridicule, la prétention ? Parce qu'enfin, quel narcissisme, quel culot que celui de prétendre être écrivain ! Certains pensent, à l'inverse, que l'écrivain en profite pour guérir ses angoisses, son mal-être. En somme, les mots remplaceraient son psychiatre. Une thérapie à moindre coût qui, pour 15 , soulagerait - en plus - des dizaines de lecteurs : "C'est tout à fait ça ! Exactement ça ! J'aurais pu l'écrire..." Oui mais voilà, c'est pas vous l'auteur, c'est lui ! Et lui de son côté doit vivre avec ses spasmes d'écriture, ses TOC, ses peurs, les accepter, les élever, les parquer... Sans se flinguer. Alors, oui, l'écriture lui permet de supporter tout ça. Pour sa part, pensait Paul en démarrant son bouquin, il allait falloir creuser bien profond dans ses souvenirs, ses regrets, ses remords, ses "aventures". Un travail de fossoyeur, mais à l'envers.
Par Jérôme
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Vendredi 27 octobre 2006
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C'est la vie. À un certain moment, les différences prennent le dessus et deviennent des obstacles. De plus en plus, les amis, les amis, les amis, tout ça se rétrécit, devient insipide alors que nous devons rendre notre vie exaltante. Comment supporter le plat, l'acceptation du RIEN ? Ben non je m'y refuse. Je n'ai jamais accepté une vie qui ne me convenait pas. J'ai plein de défauts, je n'ai pas de muscle, je n'ai pas le courage de la lutte physique. Mais j'ai les couilles de changer de vie, de dire NON à celle que j'aime ou que j'ai aimé, de remettre tout en question. Le courage, à mon sens, est plus souvent là, dans le face à face affectif, dans la manière de voir sa vie demain, de changer de rails si besoin est... Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas. Le plus dur, c'est de voir nos amis, ceux qui rêvaient de demains grandioses, qui voulaient abattre des montagnes, se contenter de ce RIEN. Toi, tu es comme ça aussi. Tu pars pour exister, trouver ta place, te faire plaisir... Tu oses aller en avant alors que plein d'autres refusent le risque du vide, de perdre leurs repères. Ma question : quand t'arrêteras-tu ? Ou plutôt quand nous abandonneras-tu ? Je t'embrasse.
Par Jérôme
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Mercredi 18 octobre 2006
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13:54
Ça pour écrire, Paul s'y entendait. Les premiers jours passés à se regarder le nombril, à s'interroger sur le bien-fondé de tout ça, à s'endormir sur le coin de la table, la bave au bord des lèvres, avaient été des plus bénéfiques. Un régime pain sec et eau qui lui avait rendu les armes perdues : l'inspiration et l'envie de disparaître. Ce n'était pas la solitude qui le poussait à écrire, à coucher ses états d'âme sur des feuilles plus ou moins vierges. C'était la mélancolie, une affection chronique qu'il savait puiser au fond de lui. Jardinier de son mal-être, Paul prenait en effet grand soin de ses atermoiements... Allant jusqu'à se refuser au bonheur total. Depuis bien longtemps, les paysages n'évoquaient plus rien, ni leur grandeur ni leurs senteurs. Tout n'était plus qu'images d'Epinal, des reliefs aplatis sur des cadres posés devant ses yeux. La mer avait perdu de son iode, de sa fraîcheur, de son piquant, de sa joie, de son soleil... Elle n'était plus qu'une étendue inconnue, une amie abandonnée. Il avait beau tendre les bras, comme pour saisir les bruits, les lumières... En vain. De temps en temps, il chopait au vol un épi, une brindille de vie, mais ses doigts ne palpaient finalement que des surfaces dures, molles, insignifiantes. Ni odeur ni chaleur. Rien de bien sensuellement réel. De la 3D, Paul s'était enfermé dans un monde en deux dimensions. Une 2D trop restrictives pour quelqu'un qui rêvait de grandes batailles, pensait en mode "imagination" jour et nuit. Il l'avait compris. Paul n'était pas là pour écrire, enfin presque pas. Il n'était là que pour une chose : réapprendre à aimer les choses, les gens, à s'aimer.
Par Jérôme Alexandre
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Mardi 17 octobre 2006
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14:02
C'était comme un mouvement introductif de Tiersen. Lent, presque monotone voire assommant. Un fleuve au bord de l'asphyxie qui, brusquement gonflé par des pluies diluviennes, se mettait à filer vers la mer. Sans retenue. Sauf qu'ici, c'était l'inverse. Tout commençait par un bouillonnement incontrôlé, une succession de folies, d'oublis surtout... De moments où la vie débordait de son lit, s'emballait, emportait tout sur son passage, du compte en banque à nos certitudes. Tout changeait. Le noir se transformait en blanc. Le matin en soir. Les votes d'hier n'étaient plus qu'erreurs. Les ennemis d'avant des regrets. Les amis des remords. Bref !, l'amour bouleversait une vie. La réveillait. La mienne. Et avec un peu de chance la sienne. Et puis le temps passait par là. L'autoroute sentimental respectait de nouveau ses limitations de vitesse. Le coeur repassait sous la barre des 100 pulsations minute. Les draps retrouvaient la fraîcheur de plis bien droits. Et le myocarde respirait... Soulagé d'avoir résisté au choc. Peu à peu, les choses reprenaient un cours normal. Le fleuve remontait vers ses sources. Lentement. Les amoureux découvraient les habitudes, les sourires figés, les nuits sans passion, les soirées perdues après tant d'instants où l'on se disait "éperdu". Ceux qui depuis des mois, vivaient dans, pour et par la couette, découvraient quels inconnus ils étaient l'un pour l'autre. L'heure du mensonge avait sonné. Paul, de son côté, retrouvait peu à peu le goût du clavier.
Par Jérôme
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