Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 09:51

Le deuil, il le savait, se ferait avec le temps. Les semaines passaient et peu à peu les souvenirs de cet amour perdu s'effaçaient. Seuls restaient les stigmates, les douleurs, la sensation vertigineuse d'un énorme gâchis. Son visage s'était dissipé depuis bien longtemps, son sourire, son regard, sa voix aussi, tout n'était plus qu'un maelström incertain, à part dans les rêves qui peuplaient désormais ses nuits. La femme qu'il avait aimée n'existait plus. Il l'aimait sans doute encore mais elle n'était plus. Sacrifiée sur l'obligatoire autel de l'oubli. Un souvenir, une ombre... Une simple ombre. La souffrance avait tout sali. Chacun s'était renvoyé la balle des responsabilités, l'un en parlant, l'autre en se murant dans le silence. Chacun son attitude, chacun sa méthode, chacun ses erreurs. Au final, ils n'existaient plus l'un pour l'autre. Tout ça après des mois d'une passion si intense... C'était à n'y rien comprendre. Comment deux êtres pouvaient du jour au lendemain se détester ou s'ignorer à ce point ? Pourquoi ne pouvions-nous pas vivre avec le bon souvenir de l'autre ? Les pires idées lui étaient passées dans la tête : disparaître, s'enfuir loin, pour toujours, changer d'univers, changer de vie, abandonner la(les) partie(s), s'abattre. Il avait tenu, d'une corde, décroché une fois, retenu une autre, saoulé une dernière fois. Elle, du haut d'une fierté, désastreuse plus pour elle que pour lui, tentait de donner le change, jouant les "heureuses", les "intouchables", les "fortes"... Pour mieux s'écrouler une prochaine fois. Sachant qu'elle le blessait ainsi. Histoire de venger des mots trop durs. Car trop vrais. Elle avait joué la carte du mensonge depuis le début, lui celle de la retenue. Deux cartes opposées, deux cartes inacceptables lorsque l'on dit s'aimer. Chacun était reparti. Perdant au passage toute illusion, tout espoir... Tant ils avaient mis dans la corbeille de ce mariage improbable. Elle était lui, il était elle. Si proches et si contraires à la fois. Chacun représentant l'extrême de l'autre. Alors pourquoi ? Pour rien. Pour vivre quelques mois intensément. Et finalement attendre qu'une autre histoire pointe son nez. C'était la tristesse de la vie, des éternels recommencements, surtout si aucun d'eux ne tirait des leçons de cet échec.

Par Jérôme Alexandre - Publié dans : En direct du Pollet
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Recommandez moi

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Flux

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés