Encore ! Il y a eu les lettres à un ami lointain, les clichés pris au hasard d’une beuverie, les commentaires virils sur les liens qui nous unissent… Et voilà un antépénultième propos sur l’amitié. Pourquoi ? Pour dire à quel point celle-ci peut parfois être pesante. À quel point nous en sommes dépendants. À quel point elle peut devenir aliénante. Les années tracent avec l’habitude l’obligation de ce devoir, l’obligation d’être, de croire et finalement de faire semblant que nous sommes deux, trois, quatre… Que nous sommes amis. Surtout vis-à-vis des « Anciens ». Pourtant, tout n’est qu’une question de circonstances, de compromis, qu’une équation horriblement rationnelle. Parce que nous ne pouvons vivre seuls, parce que nous nous devons à l’autre - ne serait-ce que pour exister -, nous sommes prêts à accepter LA différence… Malgré tout ! En oubliant que nous n’avons pas à nous renier, que la composition n’est pas une règle, que l’autre n’est pas l’essentiel. Et ce, même s’il nous apporte énormément et que le sentiment l’emporte agréablement sur le raisonnable. Avec le temps, les groupes se font, se défont, les « associés » remettent en cause les contrats, d’infimes clauses au nom d'une fierté mal placée, et tout vole en éclats. Comme dirait l’autre : « Grands diseux, petits faiseux. Petits diseux, grands faiseux. » Un sourire vaut mieux qu’une déclaration.