À 18 ans, s'envoler à pinces vers la plage n'est pas un problème. Armé d'une planche ou non, chacun trouve toujours l'énergie nécessaire pour satisfaire sa soif d'indépendance, d'adrénaline... Les nuages défilent, le vent souffle, le soleil tape, la pluie menace, les galets agressent, rien à foutre : c'est la vie ! Les potes sont là. Et pas qu'eux ! À 34, la partition n'est plus la même. Déjà, je ne parle plus de planche, encore moins de m'envoler à pinces. Aujourd'hui, c'est en voiture qu'on se déplace. Le confort, point barre. Aujourd'hui, il ne s'agit plus de satisfaire une soif ou une naïveté, mais de passer simplement le temps, au pire de se vider les tripes, au mieux d'être enfin tranquille. La plage s'est transformée en une terrasse où les tartares côtoient des starlettes. Les spots en greens. Les palmes en crampons. Les planches en clubs. Nous avons perdu en souplesse, gagné en snobisme. C'est pas beau de vieillir :)