L'été, c'est un peu une habitude : chacun son bouquin. Les uns profitent du transat pour se jeter sur le tout-venant, du polar suédois au roman de gare, pendant que les autres tentent de jouer les intellos de service en dévorant, sans grande envie, quelques ouvrages politiques, nouveautés de "galerie" et autres essais philosophiques. Dans les deux cas, le snobisme donne de la matière à l'ensemble avec ses
"comment ! tu n'as pas lu le dernier...",
"ne me dis pas que tu ne connais pas..., c'est un génie",
"j'ai déniché une merveille, un essai allemand, traduit en tchèque et qui a servi de base au dernier Rohmer"... Bref ! C'est de bon ton de s'étendre sur ses lectures. De bon ton et chic. Alors pourquoi échapper à la règle ? De mon côté, je suis parti dans toutes les directions, commençant plusieurs bouquins en même temps, me laissant porter par les meilleures lignes, en tentant de répondre à certaines envies : l'Algérie, le Moyen-Orient entre autres. Point d'auteurs allemands, de versions tchèques, de poésies dérivatives. C'est ainsi qu'aux dernières nouvelles,
Le Collaborateur de Bethléem (Matt Rees) vient de damer le pion aux
Voleurs de Rêves (150 ans d'histoire d'une famille algérienne) de Bachir Hadjadj. En même temps, après
La Mémoire fantôme (Franck Thilliez), rôdent, en embuscade,
L'Attentat de Yasmina Khadra et
L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbery, les pages en suspens, dans l'attente d'une (re)prise imminente.



