J'ai toujours cru aux coups de foudre. A ces moments magiques qui suspendent le temps. A ces moments exaltants où les foules deviennent silencieuses, laissant un regard se perdre dans la beauté d'un sourire, d'une attitude, d'une voix. Le coeur s'emballe, le sang afflue, l'esprit s'interroge. Qui est-ce ? Où vit-elle ? Que fait-elle ? Comment puis-je vivre sans elle ? Autant de questions auxquelles on ne veut finalement pas répondre, histoire de ne pas casser le fil magique. Il y a les coups de foudre chroniques. Ces petites rencontres d'une seconde, au coin d'une rue, entre deux rayons d'une grande surface, au travers d'une fenêtre, au coin du monde, à deux pas de chez moi, qui laisse un goût sucré et amer à la fois. Sucré parce que la beauté sublime. Amer parce que la seconde ne dure qu'une seconde et que l'inconnue a déjà disparu, ne laissant aucun souvenir. Des petites rencontres, donc, souvent unilatérales, que l'on oublie aussi rapidement qu'elles sont apparues. Et puis il y a les autres, ces coups au coeur qui scotchent sur place. Un mouvement de robe, un sourire enfumé sur le zinc d'un vieux troquet ou un profil émouvant dans un restaurant où l'on ne va jamais. Ceux-là sont foudroyants. Ils laissent pantois, avide d'absolu et poussent à toutes les audaces. Rien que pour eux, l'amour vaut le coup... Même s'il faut parfois pleurer.