Par J. A.
Ce midi, j'ai croisé Templahr... J'avais enfin eu le courage de sortir quelques secondes de l'appartement de Dove. Une vieille rousse prise sur le zinc et, paf !, sur qui je tombe : le beau Templahr... Les mèches au vent, prêtes à séduire toutes les femmes de la ville. Trop ému par cette rencontre, je n'ai pas eu le temps de répondre à ces questions. Quelques mots échangés et le stress de la cité nous a englouti. Nous nous sommes quittés tout aussi brusquement qu'un bombardement sur Bagdad. Et pourtant, j'avais des choses à lui dire, ne serait-ce que ma première rencontre avec Hector Dou. C'était il y a tout juste un mois. Il venait d'emménager au 3e étage de mon immeuble. Je regardais la télé, tranquillement installé devant la 125e rediffusion de la Grande évasion quand il frappa à ma porte. C'est un tire-bouchon qui a scellé notre amitié... Si si notre amitié. Les premiers jours, nous avons refait le monde, échaffaudé les pires scénarii pour changer le cours des choses : de la guerre en Irak à la pollution atmosphérique, en passant par la musique et tout le tralala... Mais ce qui a couronné le tout, c'est notre amour pour Dieppe et plus particulièrement le Pollet. Un propos en entraînant un autre, un verre aussi d'ailleurs, nous avons décidé de lancer ce blog. Un espace qui devait égréner toutes nos connaissances sur ce quartier. Je l'avoue, l'idée originelle était un peu légère... Le Pollet méritait-il autant d'attention de notre part ? Pour Hector, il n'y avait aucun doute la dessus. Nous sommes donc partis dans cette aventure avec, comme dirait le poilu de 1914, "la fleur au fusil". Le blog lancé, les premiers commentaires arrivant, Dou a changé, plus taciturne, plus étrange... Il semblait attendre quelque chose de bien précis. Un message qui n'arrivait pas. Chaque jour, il renaclait : "Ces commentaires sont merdiques ! Dis à tes potes de lacher notre blog... Il y a bien d'autres choses intéressantes à retenir de nos pages !" Je ne disais rien mais lui rappelais au passage "mes potes" étaient nos seuls lecteurs. Les seuls et uniques. Il y a quinze jours, le dimanche où nous nous sommes retrouvés dans l'escalier et où nous avons discuté des couilles du pape, Hector est parti en vrille... Crachant d'un seul coup toute sa haine des autres. J'ai claqué ma porte... Voilà en quelques lignes, résumée ma rencontre avec Dou.