Si nous devions résumer notre vie en cinq dates, quelles seraient-elles ? Quels seraient ces moments magiques où tout a basculé, grandi, changé ? Pour le pire ou le meilleur car pourquoi ne garder que le meilleur : notre vie n'est-elle pas faite de succès, d'échecs, de rebonds, de pelles inoubliables... De celles qui vous marquent à jamais ou vous laissent sur le carreau un temps incalculablement long. Et le simple fait de se poser la question me pousse d'ailleurs à replonger dans les eaux troubles d'un passé parfois brillant parfois glauque. Sans aucun discernement : tout s'entremêlant pour reconstruire une histoire jamais aussi simple qu'on le souhaiterait. Comme nous ne sommes pas des machines, nous oublions rapidement le jour, ne conservant au mieux que le mois si ce n'est l'année. Et encore ! Je ne me rappelle pas de l'année où j'ai fait mes premier pas... Disons que cela devait être en 1974. Enfin j'espère ! En attendant, résumer à cinq instants une vie de 32 ans et des poussières, c'est léger. Comment balayer mes premiers pas (1974 ?) -, mes premières amours (Emmanuelle si tu m'entends... Ça devait être en 1978), la mort de mon grand-père (1982... Promis je ne pleurs plus ! Mais si tu pouvais revenir juste pour imiter le bruit de la chouette), mes premiers albums de New Order (1987), la sortie de Violator (1989), mes premiers pas sur une planche (1989), le goût du Gin Fizz (1989... Décidément 1989, quelle année !), le bac (1991), la Sorbonne (1996), le journalisme (1999), ma première souffrance (2003)...? Oui comment balayer tout ça pour ne retenir que l'essentiel, pour ne retenir que cinq dates alors que toutes m'ont construit, toutes ont forgé mes rêves, mes souvenirs, mes ambitions, mes idéaux. Alors non, je ne peux choisir. Et je ne veux pas. Pourquoi ? Parce qu'au final, ça fait mal. Parce qu'au final, choisir, c'est détruire certains moments et que je n'ai pas envie de faire de jaloux parmi mes souvenirs. Il y en a beaucoup trop... Surtout pour une épitaphe.