
Le vinyle, c'est trois rencontres. Certaines - les premières forcément, contraintes et forcées - dont je n'arrive plus aujourd'hui à être fier : Phil Collins avec sa reprise de "You can't hurry love". Pauvre Diana Ross ! Carlos avec son vibrant Big Bisou, œuvre majeure de la fin des années 1970, véritable précurseur non pas du surréalisme mais du "Embrasse-moi idiot" de Bill Baxter. Reste, à l'été 1986, LA révélation : les Waterboys. Un 33 tours - "This is the Sea" - noir au carton lacéré, trop de passion sans doute, marqué par le sublime "The whole of the moon", le violon de Tim Blanthorn et la voix éraillée de Mike Scott. Celui-là, je l'ai aimé, au point de niquer le diamant. Et d'influencer la suite de mon parcours musical. Initiatique bien entendu. Les CD, c'est un autre temps, d'autres rencontres. Pas la peine de s'appesantir sur Wham, shame on me. C'est l'époque où il fallait : un, se distinguer ; deux, créer son univers ; trois, jouer les experts ; quatre, emballer Marie, Virginie, Gladys et toutes les autres, yeux noirs, bleus, verts... Alors les titres volaient dans tous les sens, les groupes aussi. The The, rien à voir avec Tété, Lloyd Cole, les Smiths, Depeche Mode, Cure et... et... et New Order (ex-Joy Division). Pour le coup précurseur de tout, de la pop électronique aux lignes de basse surpuissantes d'aujourd'hui. Qui peut cracher sur "Blue Monday" ? Sur "Love will tear us apart" ? Même Marie-Antoinette en a perdu la tête.