C'est à chaque fois le même scénario. Une espèce d'arc en ciel qui apparaît comme ça. Sans grier gare. Pas un truc qui s'efface en se frottant les yeux : genre tableau magique. Non non. C'est plutôt un petit courant électrique coloré qui frétille, qui avance tout doucement d'un bout à l'autre de la vision. Seul hic, ce n'est pas un jeu. C'est tout simplement le début d'une migraine : une migraine avec aura pas une vulgaire migraine... Une migraine avec aura, ça fait plus mystique, plus élitiste, plus petit bourgeois mais je m'en fouts parce que ça fait mal. Quand l'électricité a fini de jouer au yo-yo avec mes yeux, le mal s'installe. Une douleur puissance 10. En gros, on a l'impression que le crane se déforme, qu'il est prêt à imploser... Et pas question de croire aux remèdes miracle. Cynergène caféine, Diergo spray... tous ces mots savants censés soulager ne servent à rien. Je crois plutôt que tout repose sur le calme. Pas d'angoisse quand le spectre lumineux apparaît, pas de réaction alambiquée du style "Putain, ça recommence ! Fais chier bordel, je vais rater le premier épisode de Desperade Housewives....". Non il faut rester solidement assis sur son cul, prêt à respirer tout doucement, le verre d'Eferalgan en train de pétiller... Avec un peu de chance, ça passe plus facilement. Comme la dernière fois qu'on a accepté de finir son plat de tripes à la mode de Caen. Ce soir, ça a commencé à 20h45. Même pas eu le temps de regarder la météo. Il est 21h30, la crise est là. Autant vous dire qu'écrire n'est pas évident, mais ça soulage. Ça fait presque du bien. Bon je vous laisse... j'ai les tempes qui veulent déménager.