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ceci est un blog polar : une série noire racontée au jour le jour, un affrontement entre un serial-killer et un détective involontaire.

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La rivière

C'est tout simplement incroyable. Vous n'aviez plus aucune nouvelle de moi... Et pour cause ! Comme prévu, je suis allé mercredi soir au rendez-vous fixé à Hector Dou sur les quais. Pas de brume, pas d'ambiance polletaise, juste moi et un léger vent du nord. Juste moi parce qu'Hector n'est pas venu. Au début, j'ai cru qu'il s'était retiré de la partie... Mais c'était mal connaître le père Dou. Après deux heures d'attente infructueuse, je suis rentré chez Dove. Posté devant la porte, celui-ci m'attendait : Hector avait laissé un message sous sa porte. Ce n'est plus sur les quais qu'il voulait me voir, mais à Dieppe, au Pollet plus précisément. Et ce n'est plus seulement à moi qu'il voulait parler, mais à nous deux : Dove et moi. Nous sommes donc aussitôt partis vers Dieppe... Enfin à la vitesse de sa R5mobile, tout en supportant les relents de sa dernière cuite : Monsieur n'avait pas eu le temps d'ouvrir la porte et, nauséeux, s'était contenté de remplir le vide-poche latéral. Dégueulasse quoi ! Deux heures de route plus tard, le Pollet s'offrait à nous. Il était 1 heure du matin. Au pied du pont qui tourne, Hector Dou patientait. Comme la dernière fois, il voulut nous serrer la main... Dove en profita pour le maîtriser. Peine perdue : trois gaillards nous tombérent à bras raccourcis dessus. Le trou noir. Nous nous réveillâmes dans une barque, voguant dans ce qui ressemblait dans un premier temps à un égoût. Personne à la barre, juste nous deux, les mains attachées aux rames. Le débit devint rapidement plus important, gonflé sans doute par les première pluies d'automne. Dans l'obscurité, nous discernions très mal les parois nous entourant... "Ce n'est pas un égoût", glissais-je à Dove, "mais une sorte de rivière souterraine !" Au fur et à mesure que le débit augmentait, les parois s'éloignaient les unes et des autres. Les flots malmenaient de plus en plus notre barque... Soudain une lueur apparut au bout du tunnel : il faisait jour. Nous débouchâmes des falaises non loin de la plage de Varengeville. La légende était donc vraie : une immense rivière coule bel et bien sous Varengeville... Libérés des rames par un pêcheur de bigorneaux, nous revînmes à pied au Pollet : 2 heures de marche pour apprendre que nous étions dimanche. Qu'avions-nous fait pendant quatre jours ? Nous ne nous rappelions de rien !
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