Il n'y a rien de plus frustrant que l'envie d'écrire. Les idées sont là, les images, les mots, la musique, l'excitation aussi, mais pas le courage. La peur l'emportant sur la volonté, l'envie ne reste qu'envie. Capricieuse et infidèle. Ce qu'il y a de plus frustrant, c'est de voir avec quelle facilité d'autres réussissent là où je préfère déclarer forfait. Minable ? Je ne toucherai jamais, même du bout des doigts, le plaisir d'exister. De tracer les lignes d'une histoire aboutie. Une vraie ! Contrairement au puzzle approximatif édité sur ce blog. C'est sans aucun doute mon constat le plus amer... Surtout quand je redécouvre
Total Khéops,
Chourmo,
Soléa,
Les Marins Perdus. L'univers marseillais laissé en héritage par
Jean-Claude Izzo. Tout est là : les mots, les ambiances, les expressions, les battements de cœur, les appels à l'aide. Dans son univers, il n'y a pas d'espoir, l'humanité décline par son égoïsme, son intolérance. Les "beaux" livrent leurs derniers combats, disparaissent étouffés par la suffisance, la dérive d'une société sans utopie, pleine de haine et vengeresse. Le tout léché par un océan de nostalgies et de passions... Comme une course contre le temps, pour figer le présent, ne jamais l'oublier, ne jamais le perdre. Mais tout passe si vite. Y compris l'envie de réaliser ses rêves.