La barrière à peine refermée, la mer semblait déjà m'attendre. Je n'avais qu'à regarder le ciel pour deviner son humeur. Comme une composition symbolique. Bleu et lardé de nuages blancs pour rouleaux parfaits. Gris et bouché pour écume grasse. La planche sous le bras, il me fallait à peine 7 minutes pour rejoindre la plage. 7 minutes pour retrouver mon monde, le seul où je puisse vivre sans complexe, sans inquiétude... Celui où l'on pouvait être soi-même sans redouter le jugement d'untel et le poids des reproches d'une vie trop heureuse. Car j'étais heureux. C'était l'âge où l'on rêvait d'un monde propre, où l'on croyait que les relations humaines pouvaient être "belles". Aujourd'hui, je sais qu'il s'agissait d'un trompe-l'oeil. Tout est pourri !