San Francisco, South of Market District, hier matin 10.00 AM. Depuis que je me suis inscrit, je reçois chaque matin les premières lignes de chacun des articles de JA dans ma boite a lettres. Je nen lis souvent que trois ou quatre phrases, le temps pour ma boite électronique de charger l'ensemble de la correspondance reçue pendant la soirée, puis je me lance à lassaut de mes premiers mails, ceux de mon boss en priorité. Je réponds très rarement à mon courrier personnel pendant les horaires de boulot. Je culpabilise. Comme si je violais un hypothétique code d'honneur du bon travailleur en entreprise. Mon père est médecin. Jai pas repris la clientèle mais j'ai hérite de son serment dHippocrate. Je suis un bon élément aux dires de mes supérieurs. Ce matin pourtant, je déroge a la règle, dicté par un instinct que je ne comprends pas bien sur le coup. Le lien hypertexte, mamène sur le dernier article paru de Endirectdupollet et je découvre lActe Un du feuilleton Hector Dou. Je me rappelle l'avoir baptisé ainsi, ma lecture achevée. Je me sens plein dune certaine fierté a la pensée que mon ami Jérôme en est l'auteur. Jarbore même un sourire franc qui ne manque pas de se faire lever un sourcil inquisiteur chez ma voisine du bureau den face. Parmi mes amis, Jérôme doit être celui qui mest le plus proche, jen déduis automatiquement que cest réciproque. Je me sens presque auréolé de sa gloire naissante, mais néanmoins irréfutable au regard des 5 commentaires postés à la suite de larticle. Je vais pour clore mon navigateur Internet, quand mu par un pressentiment je retourne sur la page daccueil. La photo domine la section nouveaux articles. Le portrait dHector Dou. Je nai besoin de fixer quun instant limage, pour que naisse en moi la certitude que je connais ces lunettes décailles sombres, ce front immense que narrête quune frondaison de cheveux hirsutes, et enfin cette bouche apathique dotée de deux encoignures cruelles. Je reconnais lhomme immédiatement. Et son nom nest pas Hector Dou.