"Votre médecin généraliste ou votre gynécologue doit procéder à un examen des seins au moins une fois par an." Depuis qu'il avait reçu ce prospectus de l'association "Vaincre le cancer", Hector D. ne cessait de répéter la même phrase. Comme un gimmick. Pris d'une suée incontrôlée et d'une envie de seins, celui-ci s'était mis à arpenter les rues de Rouen. "En quête apparemment d'une bonne et grosse paire", ne se cachait-il pas. Faut dire qu'Hector avait quelques soucis avec les femmes. La faute à sa mère ultrapossessive et à une nourrice quelque peu légère. Résultat, H. D. était un pervers. Il le savait, le reconnaissait... Et l'acceptait. À 28 ans, il en était à son treizième viol. Toujours le même scénario : la sortie des cinémas. Il assistait à la dernière séance de la journée, suivait les "couche-tardes", blondes de préférence, les bloquait, un couteau sous la gorge et les forçait. Il n'en tirait aucune gloire, certes, mais il aimait ça. Et le prospectus avait réveiller ses instincts. Deux mois déjà qu'il n'avait touché une peau bien blanche... 22h... Vingt personnes faisaient la queue devant le Gaumont. Vingt personnes dont quatre copines. Corinne, les cheveux dorés attachés, se retourna et lui sourit. Elle venait de signer son contrat avec la mort. Sans le savoir.