La dernière fois qu'il avait vu ça, c'était dans Le Miroir, un vieil hebdo de 1915. À la UNE, s'étalait une photographie sépia d'un champ bombardé : la nature avait cédé le pas devant les obus de 75 mm et s'était plissée, bourrelée... Les arbres avaient été soufflés, laissant la place à des entonnoirs disgracieux. Sauf que là, il ne s'agissait plus de vieux magazine. J.A regardait ses cuisses, son torse et souffrait. Un type cagoulé, cigarette au bec, s'acharnait sur sa peau depuis une heure. Au début, il avait tenté de crier malgré son baillon. En vain. Mais là, gagné par l'inconscience, son esprit commençait à vagabonder aux portes de la mort. Son corps, époque oblige, glissait sur les pentes enneigées de son enfance.