Le paquet n'était pas lourd : quelques dizaines de grammes réparties dans 10 cm3. À l'intérieur, rien de précieux, juste un billet... Quelques lettres qui, mises bout à bout, formaient le mot "coucou". Aucune signature. J. A. se disait que Blond hair comprendrait très vite la portée du message. Le jeune Rouennais avait cherché, se creusant la tête pour trouver la formule juste. Après deux ou trois essais, type "je sais qui tu es", "salaud" ou bien encore "je t'aurai", il s'était résigné à user de simplicité. Un "coucou" vaut mieux que deux "tu l'auras", riait-il intérieurement. La poste n'était pas loin. Au guichet, il traça délicatement le nom et l'adresse du sadique, fasilfia les siens et demanda combien de temps mettrait le colis à parcourir les deux cents mètres qui le séparaient du tueur. "Demain, ce sera fait", termina la "postière". En espérant que Blond hair ne le récupère pas tout de suite, il entendait bien se poster devant la poste deux jours plus tard... "À partir de 10h !"