Hector D. n'en revenait pas. Le résultat dépassait de loin toutes ses espérances ! Il était en passe de détrôner le 11 septembre et l'intervention en Irak. Rouen fourmillait de journalistes, des médiocres aux stars du petit écran, ils étaient tous là. Et tout ça pour lui. Les chaînes passaient en boucle des reportages sur les événements de la semaine dernière, des analyses psychiatriques à deux balles et des téléfilms sur Landru, Petiot... En quelques jours, Hector avait tout entendu : il était un frustré selon le psychologue de la 2, un dangereux psychopathe pour la 1, un être à l'enfance défavorisée pour Arte... Enfin rien de bien intéressant et surtout rien de percutant. Son oeuvre était désormais gravé dans l'histoire collective : une page indélébile dont il était extrêmement fier. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Hector ne se posait même plus la question. Huit la dernière fois... Douze demain ? Il s'en sentait capable et les gémissements de ses victimes n'arriveraient pas à lui faire changer d'avis : il avait tué, il tuerait encore... Et ce soir semblait une nuit toute propice à sa créativité.