J.A. était désespéré, pris entre l'absurdité des uns et la cruauté d'un autre. Dépassé par la chevauchée criminelle de Blond hair, il avait livré toutes ses informations aux enquêteurs, à ceux qui se targuent de poursuivre la "racaille" des hauts comme des bas. Livré, c'est un grand mot puisqu'il n'avait pas surmonté la "grosse dondon" de l'accueil. L'hôtel de police, rue Brisout-de-Barneville, s'était refermé sur ses révélations sans en croire un traitre mot. Résultat, J.A. n'avait plus aucune perspective hormis celle de faire le sale boulot lui-même... Ou alors retourner chez lui, se taper une bouteille de Côte-Rotie 1993, la dernière de sa cave, et oublier définitivement cette aventure commencée dans les toilettes d'une piscine. Elle avait au moins eu le mérite d'effacer les stigmates de son trek marocain. Les heures perdues, assis sur un trône en faïence, n'étaient plus qu'un vilain souvenir. À croire que Blond hair avait plus de succès qu'Ercéfuryl ou autre Imodium. La clope au bec, il déambula une bonne partie de la journée en ville. Au troquet, chez le boulanger, entre deux rayons du supermarché, la même conversation revenait inlassablement. Blond hair ne voulait décidément pas le laisser en paix.