La machine tournait à plein régime. Un à un, les tirages sortaient, brillants et colorés. Depuis le début de l'après-midi, Hector imprimait ses dernières oeuvres : près d'une trentaine de photos, le bilan d'une semaine de crimes odieux. Devant ce patchwork de chairs et de cris silencieux, il hésitait entre angoisse et bonheur. À la vue de ces regards, de ces corps désormais inutiles, Hector comprit que la vie n'était qu'éphémère. Une flamme qui pouvait à tout moment, d'une seconde à l'autre, s'éteindre. Sans savoir pourquoi ni comment. Lui n'échappait pas à la règle. Et cette fin pourrait bien arriver plutôt que prévu. "Tant mieux, pensa-t-il, à condition de ne pas souffrir".