J.A était rentré chez lui abasourdi. Faute de cigarette, il s'était jeté sur la seule bouteille qui lui restait : un vieux porto plus proche du vinaigre que du vin cuit. Au fil des rasades, il commença à réaliser son geste. Il avait tué un homme contre lequel il n'avait aucune preuve et les flics ne mettraient pas longtemps avant de l'arrêter : son portefeuille représentait pour eux une signature inespérée. Alors autant se livrer au plus vite... La bouteille de porto n'allait de toute façon pas tarder à rendre l'âme. J.A se décida. Presque en marche arrière, il sortit ses affaires, quelques caleçons, des chemises sans couleur, deux ou trois tee-shirts promotionnels, les rangea dans une valise aux côtés d'une collection impressionnante de romans épais. Quitte à passer 20 ans en prison, mieux valait prévoir les longues soirées d'hiver.