Hector D. s'épongea le front. Ce cochon de plombier pesait bien un quintal... Autant il éprouvait un certain plaisir à jouer avec le corps de ses victimes, autant là il ne ressentait rien. C'était l'oeuvre d'un autre, un fardeau, un couac dans son scénario... Et puis c'était du travail bâclé. Une entaille dans l'estomac, un filet de sang, rien d'autre ! Aucune recherche, aucune élégance, aucun sentiment... Décidément ce meurtrier était bien en dessous du maître qu'il était devenu ces trois derniers mois. Mais bon ! Au llieu d'accabler l'amateur, Hector devait régler au plus vite un problème bien plus préoccupant : que faire du cadavre ? Il sortit une vallise, tenta d'y glisser le corps... En vain. Si la tête, le tronc et un bras passaient, les hanches, les jambes et le deuxième bras restaient sur le carreau. Ne restait plus qu'une solution : celle qui l'amusait le plus. Il se pencha au-dessus de la caisse à outils et s'empara d'une scie à métaux... Satisfait, il s'attela à sa mission. Pour se donner du coeur à l'ouvrage, sa chaîne crachait le requiem de Mozart bien au dessus des décibels habituels. Histoire de cacher le bruit strident de la scie cognant contre les articulations. Le geste était là, le rythme aussi, le plombier disparaissait peu à peu, lorsque quelqu'un frappa de nouveau à sa porte. Son voisin : "Monsieur D., vous avez perdu votre portefeuille dans l'escalier !"