Alors qu'il attaquait la trentième page d'un roman qu'il savait d'ores et déjà inachevé, Paul avait été dérangé. Dérangé, le mot était faible. Un képi, deux képis, quelques cravates, une pelleteuse s'étaient présentés devant sa propriété. "Louée depuis peu", avait-il soufflé, histoire d'éviter tout malentendu inutile. Un papier à en-tête, l'autorisation sans doute de saccager sa tranquillité, et l'escouade avait pris possession de son antre. Lui, assis, regardait par la fenêtre ce bordel légalisé. Car pour creuser, ils creusaient... Partout ! Tapage diurne, vandalisme... Dans ses rêves, les actes d'accusation pleuvaient au même rythme que les coups de crocs métalliques. Sauf qu'il s'agissait d'un homicide, un crime odieux qui ne ressemblait en rien aux blagues d'adolescents attardés. Paul finit par s'approcher du groupe. Au milieu, un homme attendait, le regard perdu dans des souvenirs sanglants. Il le connaissait : son portrait avait arrosé tous les médias de France et d'Europe. Un serial killer tout ce qu'il y a de plus présentable, un mec comme les autres. Hector D.