L'idée était simple comme bonjour, se persuadait J. A. La poste devait bien posséder un fichier rassemblant tous les changements d'adresse de ces vingt derniers mois. Il n'avait qu'à noter les coïncidences d'une ville à l'autre, en fonction bien entendu de sa sinistre carte, et hop ! l'affaire était dans le sac. Mais c'était sans compter la légendaire rigueur des fonctionnaires. "Niet!" La petite dame assise derrière son bureau avait été catégorique : pas question de donner à quiconque le droit de fouiller tel ou tel fichier... "Pour qui vous prenez-vous ?" Dépité, J. A. allait repartir lorsque la petite dame, touchée d'un miraculeux excès de zèle, lui avait lançé : "Ou alors, faut payer !" Il ne s'agissait pas d'un pot de vin... Loin de là. "Vous pouvez acheter ces fichiers... C'est votre droit. Reste qu'ils ne comprennent pas tous les noms : vous savez, certains cochent la petite case CNIL." Le geste était sympathique, mais à 150 euros le fichier mensuel, et ce pour une seule commune, J. A. n'était pas arrivé. Et ses chances d'être sponsorisé étaient plus que faibles. Sans oublier que le tueur pouvait s'être réfugié derrière cette petite case CNIL.