Hector D. avait cessé ses déambulations. Il n'avait plus le courage, ni de changer de ville, ce qui lui aurait pourtant permis d'échapper à toute enquête, ni de mettre un terme à sa folie meurtrière. Depuis une semaine, il se tenait à carreau. Aucune "rencontre", donc aucun risque d'erreur. Pour contenir ses pulsions, Hector s'était jeté à corps perdu dans l'alcool, le "shit" et la télévision. Le mélange des trois avait pour principal, et salvateur, effet de l'endormir : il dormait jour et nuit. Et le peu d'heures où il semblait éveillé, il voltigeait entre les brumes cannabiques et les nausées dues à l'absorption massive de Pauillac... Quitte à s'enivrer, Hector avait choisi le meilleur : Château Pibran 1994... Les six bouteilles, 181.79 : à ce tarif là, son compte en banque diminuait à une vitesse vertigineuse. Surtout que sa consommation quotidienne était d'environ quatre bouteilles. Calculez ! En début de semaine, il avait appelé sa boite. Sa mère, malade du coeur, venait de passer l'arme à gauche. Un mensonge de plus qui lui avait valu une semaine d'arrêt. Et lundi, il comptait bien se faire porter pâle. Qui lui reprocherait une petite déprime après la perte d'un être si cher ? Savaient-ils seulement que celle-ci était morte depuis longtemps ? Et que c'était lui, Hector D., qui avait achevé cette magnifique blonde de 47 ans à coups de bûche... "De noêl", précisa-t-il pour lui-même.