Il avait pris son temps. Mesuré, comme on le dit chez lui, le pour et le contre. Sa décision était désormais la bonne : frapper à la porte de ce salaud, lui foutre un coup de surin et se barrer. Simple, rapide, net et sans bavure. Alors J.A s'était tourné vers la rue Cauchoise. Un couteau dans la poche, une tenue kaki de circonstance et une volonté trempée dans le whisky : cinq verres pris coup sur coup pour lui donner le courage nécessaire face à l'autre cinglé. "Il était temps d'en finir !" Déterminé, J.A avait traversé la rue Fontenelle avant de s'engouffrir dans l'impasse de la Tour-d'Argent. La porte soi-disant sécurisée était ouverte... Il avait calculé son coup : Blond hair logeait au troisième. Deux ou trois inspirations, le coeur au bord de l'explosion, les tempes omniprésentes, il monta... Doucement... Plus la porte approchait, plus elle lui semblait s'éloigner comme une oasis en plein désert. Sauf que là l'oasis n'avait rien de salvateur : c'était quitte ou double. Soit il crevait là, comme il avait vécu c'est à dire sans gloire, soit il le finissait. Il sonna... La porte s'ouvrit : un petit homme sec, les lunettes épaisses, les sourcils lourds et gris le regarda... Intrigué !